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Cette page a pour vocation de vous faire découvrir le cuir à tannage végétal.

Mais au préalable, un petit tour d’horizon des différents cuirs s’impose.

Quels sont les différents types de cuir ?

Les provenances des cuirs

On peut étudier les différents cuirs en fonction de leur origine (de quel être ils sont issus) ou en fonction de leur tannage.

Si on considère l’origine, on peut distinguer 2 groupes :

  • les cuirs animaux
  • les “cuirs végétaux” : champignon, cactus, résidus de fruits. C’est ce qu’on appelle le cuir végan. En fait, il s’agit d’une utilisation impropre du mot “cuir”, puisque ce mot est protégé par un décret de 2010 qui interdit “l’utilisation du mot cuir (…) pour toute autre matière que celle obtenue de la peau animale au moyen d’un tannage ou d’une imprégnation conservant la forme naturelle des fibres de la peau”.

Nous nous concentrerons donc ici sur les cuirs issus d’animaux. Là encore, on peut distinguer plusieurs catégories :

  • les cuirs de poisson. Le plus connu est le galuchat, issu d’une variété de raie, mais on peut en trouver d’autres : saumon, truite, esturgeon, cabillaud, perche, anguille…
  • les cuirs de crocodile, mais aussi de serpent ou de lézard
  • les cuirs d’autruche ou de coq
  • les cuirs de grenouille ou de crapaud
  • les cuirs de mammifères : porc, vache, mouton, chèvre, cerf

L’utilisation du cuir représente une valorisation d’un déchet et entre tout-à-fait dans une démarche écologique. À l’Âge du Cuir, nous n’utilisons que les cuirs d’animaux dont nous sommes sûrs qu’ils sont consommés.

De la peau au cuir

L’animal tué (merci à luis pour la nourriture et les matières qu’il nous fournit), il reste à la transformer en cuir. C’est le tannage qui permettra cela.

Mais avant de pouvoir être tannée, la peau doit être préparée.

Première étape : la mise en saumure. Les peaux doivent libérer l’eau qu’elles contiennent. Elles sont salées avec du gros sel de mine. Parfois, des agents antiseptiques sont ajoutés. Les peaux sont alors empilées et il faut attendre 2 semaines pour que la saumure s’écoule. La peau perd ainsi à peu près 10% de son poids.

Les peaux sont ensuite examinées et triées en fonction de leur épaisseur, de leur surface et de leur qualité.

Ensuite vient le travail de rivière, appelé ainsi parce qu’à l’origine, il se passait à la rivière. Cette étape prépare la peau pour qu’elle puisse ensuite être tannée. La peau va être réhydratée et nettoyée, épilée, écharnée (les poils et la chair sont retirés) et dégraissée, puis assouplie et acidifiée pour pouvoir recevoir le tannage.

Maintenant la peau est prête à être tannée. C’est l’étape qui rend la peau imputrescible. Et c’est là qu’on va pouvoir distinguer 2 procédés possibles, en fonction des substances utilisées : le tannage minéral et le tannage végétal. Mais il existe des procédés à mi-chemin, tannages mi-minéral, mi-végétal.

Le tannage minéral utilise essentiellement des sels de chrome III ou des sels d’aluminium, là où le tannage végétal utilise des tanins (chêne, châtaignier…). Cette étape varie énormément d’une tannerie à l’autre et il est difficile de connaitre avec exactitude la totalité des produits qu’un tanneur utilise. Les recettes sont jalousement tenues secrètes et cela peut se comprendre. La durée nécessaire pour cette étape varie également beaucoup d’une tannerie à l’autre. Pour le tannage minéral, 24h suffisent, alors que pour le tannage végétal, jusqu’à 15 jours peuvent être nécessaires.

Vient enfin l’étape du corroyage. C’est l’étape qui transforme le cuir en produit fini. Le cuir est refendu, afin d’avoir l’épaisseur attendue, elle est retannée afin d’obtenir la couleur, le toucher et la souplesse désirée. Ensuite il est essoré et aéré en étant étiré, afin de limiter les plis et de le sécher. Elle est enfin assouplie par palissonnage. Et parfois la fleur est poncée. Le ponçage est réservé aux cuirs qui présentent de nombreux défauts et permet d’uniformiser sa surface. Dans le cas d’un cuir poncé, on ne peut plus parler de cuir “pleine fleur”.

Et enfin, l’étape de finition. C’est à ce moment que son aspect et sa texture sont acquis. On distingue les finitions suivantes :

  • Aniline : il met en valeur la surface du cuir en le recouvrant d’un produit transparent. C’est un cuir qui a un très bel aspect, mais dont l’entretien demande une attention particulière.
  • Semi-aniline : le cuir  est couvert d’une couche de pigment légèrement opaque et d’une couche de produit translucide, ce qui permet de cacher de petits défauts.
  • Pigmenté : le cuir est recouvert uniquement d’une couche de pigments opaques. Il est facile d’entretien et peu sensible à l’eau.

Plus la finition est opacifiante, moins la sensation du cuir est perceptible, mais plus le cuir est protégé.

Voilà pour ce petit tour d’horizon du cuir. Je ne vous ai pas parlé de l’évolution des procédés de tannage, ni des procédés utilisés dans d’autres régions du monde. Juste pour l’anecdote, au Maroc, berceau de la maroquinerie, l’urine ou les fientes de pigeon sont utilisées pour acidifier et assouplir le cuir. C’est ce qui explique qu’un cuir d’un autre pays peut avoir un aspect très différent d’un cuir tanné en France. Mais déjà dans notre pays, avec tous les différents procédés de tannage et toutes les finitions possibles, le choix est prodigieux et il est facile de se perdre.

Quels cuirs ?

Tout d’abord, pour vous expliquer notre démarche, il faut vous parler de notre prise de conscience de l’impact environnemental du tannage minéral du cuir. Avec un article tel que celui de France Info, vous pourrez à votre tour comprendre l’enjeu. Il s’agit dans cette vidéo d’une tannerie en Inde qui pratique le tannage minéral.

Heureusement, en Europe, une tannerie qui pratique le tannage minéral ne fait pas travailler ses employés dans ces conditions et se doit de respecter la règlementation sur la protection environnementale. En particulier, chaque tannerie possède son propre système de dépollution de l’eau. Elles sont contrôlées périodiquement et pénalisées si les normes sont dépassées.

En ce moment, il y a une nette tendance à délocaliser tout le secteur du cuir vers l’Asie. Là-bas, la main d’œuvre est moins chère et les règlementations en ce qui concerne le droit du travail et la protection de l’environnement beaucoup moins stricte qu’en Europe.

Toutes ces considérations nous ont poussées à affirmer notre volonté :

  • Nous voulons que l’animal ait été élevé dans de bonnes conditions.
  • Nous voulons qu’il ait été abattu dans de bonnes conditions.
  • Nous voulons qu’il ait été destiné à l’alimentation et que sa peau soit un déché valorisé.
  • Nous voulons qu’il ait été élevé en France, idéalement près de chez nous.
  • Nous voulons que la tannerie soit française.
  • Nous voulons que les procédés de tannage soient respectueux de l’environnement.
  • Nous voulons avoir un beau cuir. Nous voulons qu’il soit agréable à la vue, au toucher et à l’odeur. Nous voulons ressentir à quel point il est cuir.

Maintenant, dans la vraie vie, ce n’est pas aussi facile :

  • Le cuir acheté chez les revendeurs n’est pas clairement identifié. Difficile de savoir de quelle tannerie il provient.
  • Les tanneurs achètent leurs peaux dans différents pays, donc difficile là aussi de savoir où a été élevé l’animal.
  • Les tanneries ne révèlent pas tous leurs procédés. Impossible de vérifier tous les produits utilisés.

Cependant les choses changent :

En France, tout un travail a été amorcé pour développer la filière cuir, mais il a fallu tout reprendre depuis la base. Pour commencer, les éleveurs français ont été sensibilisés aux besoins des tanneurs. Ils modifient peu à peu leurs clôtures et abandonnent les barbelés. En effet, si la vache se blesse sur les fils barbelés, sa peau gardera des cicatrices disgracieuses et ne sera pas tannée mais tout simplement jetée. C’est pourquoi la France importe des cuirs, alors qu’elle possède beaucoup de vaches.

Et d’ici 2025 (ça approche, c’est pour bientôt !), nous aurons enfin la traçabilité. Quand vous achèterez un article en cuir, nous pourrons vous garantir la provenance : Où la vache aura été élevée et où sa peau aura été tannée.

En attendant, voici ce que nous pouvons vous garantir :

  • Nous choisissons des cuirs à tannage végétal.
  • Nous choisissons des peaux issus d’animaux élevés pour leur chair : essentiellement vache, mais aussi parfois chèvre et mouton. (Dans ces deux derniers cas, nous le précisons explicitement.)
  • Nous choisissons des beaux cuirs, avec un minimum de défauts et un toucher agréable.
  • Quand nous précisons que le cuir a été teinté par nos soins, cela signifie que nous l’avons acheté sans finition. Vous obtiendrez le cuir qui sera le plus naturel. La sensation au toucher et à l’odeur est optimale. Nous appliquons tout de même une finition pour protéger la couleur et la surface. Généralement, il s’agit d’un mélange de graisses et de cire d’abeille. Parfois, afin de protéger particulièrement un cuir de l’humidité, ce sera plutôt une fine finition acrylique. Et parfois encore, sur la croûte du cuir, afin d’apporter de la rigidité et de la résistance à l’humidité, une finition résineuse. Vous pouvez consulter nos conseils d’entretien.
  • Nous nous fournissons de plus en plus auprès de la tannerie Chamont, qui est une tannerie locale située à 13 km de notre atelier. Cette tannerie produit des cuirs d’excellence. Pour cette raison, Les cuirs issus de cette tannerie proviennent aujourd’hui à 40% de vaches française, et à 25% de vaches locales. La tannerie Chamont produit des cuirs d’excellente qualité, dignes du luxe. Elle s’applique a traiter les cuirs naturellement. Par conséquent elle ne peut pas garantir avec précision la couleur obtenue, qui varie en fonction des propriétés intrinsèques à chaque peau. Cette tannerie applique une très fine couche de finition sur ses cuirs. Dans nos conseils d’entretien, vous trouverez également des conseils sur les cuirs de Chamont.

Cette deuxième vidéo parle également de la tannerie Chamont, en détaillant plus les avantages du produit fini.

Nous voulons progresser et chercherons à mettre en place une filière courte.

D’ici 2025, nous pourrons sélectionner des cuirs issus exclusivement de vaches françaises.

Si notre avancée dans cette démarche vous intéresse, n’hésitez pas à vous inscrire à notre newsletter. Nous vous garantissons que votre adresse mail ne sera pas spammée.

 
 
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